Je n’ai rien écrit depuis deux mois.

Deux mois passés à oublier ma langue maternelle, à céder à la facilité des adjectifs composés, à la multi-expression qu’ils permettent; en formuler quelques uns, se dire qu’il faut les traduire en français, reculer devant la tâche, par paresse ou par lachêté .

J’ai eu un tableau dans la tête, ces derniers temps; je sais que je n’arriverai à m’en débarrasser qu’en le peignant. Cela donnera sûrement lieu à une déception, je ne pense pas posséder la technique suffisante (ni, la patience, pour être honnête).

J’ai eu beaucoup d’images dans la tête ces derniers temps, et les pieds qui me démangent et me poussent à repartir. Je résiste, je résiste. C’est plus facile que les années précédentes parce que je sais que je peux le faire et survivre. Il y a eu aussi des émotions contradictoires, des besoins, des buts, aussitôt effacés, barrés, jugés impropres…mais qui sont revenus, puis repartis.

Il faut que je prenne conscience que la vie que je veux vivre, je dois la fabriquer; elle doit venir de l’intérieur. Je ne dois pas compter sur le monde extérieur; les choses ne doivent pas m’arriver. Je ne ferais que prendre des rides en attendant.