• From a lark to a lone wolf winter

    Today I just want to share with you one of the best experiences of my life.
    During the summer 2002, with some friends, we had an all-night party in a bunker.
    You see, when I lived in France, I lived on the Riviera, between Cannes and Monaco, where the ragged coastline harbours little sandy bays.
    This night we went up to a cliff on which was perched a military base of some sort (do not ask me for details, I was not aware of that place and have never researched it since). There was a steep path descending on the side of the cliff, leading to a series of bunkers.
    This is where we found some friends who had already made themselves at ease and lit a fire. All those gothic folks were peacefully chatting, sitting on the dusty ground, waiting for the DJ to bring and plug in the music equipment.
    The bunker still had a functioning dynamo. One spotlight and a mixing table were plugged in and there began a dark began. I remember the shadows of the black-clad girls echoing on the walls, in unison with the bass-beats of whatever new wave hits was playing. I remember the light of the fire the dark shapes of the Alps on my right and the dark blue mass of the sea on the left, outlined by the orange lights of the Riviera night life.
    It then happened that some friends who were to join us after their night out phoned us to tell us that they had been driving through the village close-by, and had seen police cars heading our way.
    We put the fire out, stopped the music, killed the light and waited at the entrance of the pitch-black bunker for a noise to come.
    We stood in silence for a few minutes, discussing in whispers what we would do if the police would show up. As nothing moved, we decided to start again and went to rekindle the ambers and turn the music on. Suddenly, over our heads, from over the cliff, came flying the largest birds I have ever seen. Flapping side by side in perfect silence, the two lark-like apparitions slowly made their ways over us - behind us - lost away in the distance - forgotten.
    I have seen many things in my life, but nothing quite as ghostly as these two apparitions. Oh, no deeper meaning in them. But you have to agree it is rare to be confronted with the symbol of coincidence itself.

    When I think about what dark music means to me, I think about my feelings, even those in conjunction with other forms of art, and I am able to give a musical, ideological and cultural definition that is both right and understandable for many people.

    When I think about the word “subculture” then, do you think I see a merchandising stand, or metallers drunk, fallen head first in the German mud? Do you think I see clothes retailers, burlesque clubs full of jessies in panties, tour buses / after parties sluts who will scream to their friends that meeting the band ROCKED [insert devil’s horns there]?
    Oh, I love you, my collector friends, I love you my music pals get caught in the spirit of Odinistic drunkenness, don’t get me wrong…but gi’e us a break, please.
    Because I do not drink, it does not mean I am a sissy. I simply refuse to drink the donkey piss you call a good pint.
    Because I do not go around with a patched jacket, a metal T-shirt and all my (music) tattoos out, it does not mean that I, 1 - think you’re a parasite if you do, 2-do not lead a properly extreme lifestyle, however you define it.
    Because I do not do the devil’s horns, which look more to me like you’re phoning Satan, the way your fingers are pointing upwards, it does not mean that I cannot feel the power.
    You know, I’ve never really clicked with Satyricon. There is nothing that has attracted me in them. I am also not very much of a concert person, as I like having a personal, intimate experience / connection with art.
    But there is something in “Mother North” that is compelling, that is raw energy, pure power, and when I heard Frost explaining, in Roadkill Extravaganza, that hearing the audience chanting the riff of the song when they played it live was one of the most emotionally-charged experiences of his life - I knew I had to mix with the crowd, at least once in my life, and sing with my brothers. It is not a prayer, It is not howling with the pack. It is what F. Martin calls a growling stoicism (“Stoicisme grondeur”), in the same way that the Highland bagpipes are the only instruments classified as a weapon.
    I know it contradicts all my views on racism and sectarianism, but you, me, and any other human being who becomes that growls, who channels, that power, who stands with a stone-cold stoic spirit, bringing order to the chaos he has entered - all of us, are fit and worthy to survive.
    For my culture and my music range from single notes accompanying the dancing shadows on the walls, to a stoic war against everything shallow, imposed on us by the lies written in the desert.
    From a lark to a lone wolf winter.
    If you cannot see past my hippy skirt, you fell before the battle even started.

  • The Ghost of the Rockefeller

    Une partie de moi est restée à Oslo, ville chienne, ville pute d'une culture qui n'est pas la sienne, ville où sont morts mes idéaux d'un modèle nordique.
    Une partie de moi est restée au Rockefeller, où cette fille anonyme m'a traitée avec tant d'impolitesse. Une partie de moi est restée dans le passé, et elle erre dans des mondes imaginaires pleins de sang et d'éclaboussure que l'écriture, cette fois, n'arrivera pas à éradiquer.
    Elle pense qu'elle aurait dû frapper, planter ses ongles dans la chair du cou, pénétrer la trachée, crever les yeux, étrangler avec le cordon du précieux pass qui permet à cette souillure américaine d'être là, mais ne l'autorise pas à me manquer de respect. La pousser à terre et lui éclater le nez avec mon talon, lui arracher le foie, car les gens comme elle n'ont rien dans les entrailles, la tordre, la pénétrer, la déchirer, montrer mes doigts sanglants à la foule dont, pour une fois, j'assumerai le regard...laisser la tension retomber, me rendre compte de ce que je viens de faire, trouver une justification en moi-même que la loi refusera...et pourtant.
    Je pense parfois - et je sais que si j'écris et je publie cela n'arrivera jamais, que la barrière de la fiction est cathartique et qu'une fois la scène suivante couchée sur papier, je ne pourrais la mettre au monde, aussi claire que soit la vision dans mon esprit.
    Je pense à la rencontrer un après-midi, à parler tatouages, musique, diverses choses, je pense à aller acheter les boissons et verser un puissant laxatif ou émétif dans son verre, qui prendra effet après quelques minutes, qu'elle passera à se demander si nous nous sommes bien rencontrées l'an dernier comme je l'affirme, même si elle ne s'en souvient pas. Je vois ses convulsions, je vois la peur dans son regard et le dégoût moqueur dans celui des spectateurs. J'espère que personne ne m'a vue droguer sa boisson. Ce n'est de toute façon qu'un médicament disponible en pharmacie - je ne risque légalement pas grand' chose.
    Je la vois partir dans l'ambulance. Je me vois réprimer un sourire. Je ne lui ai jamais révélé comment nous nous sommes rencontrées. Je suis la seule à savoir.
    C'est écrit...
    Cela n'arrivera jamais.
    Il faut oublier, aller de l'avant, passer à autre chose. Mais je repenserai toujours à cette âme errante dans le Rockefeller, qui vient s'y laver les mains, sanglantes, depuis plus de soixante ans, qui ne comprend pas où est passée l'eau, remplacée par des vagues sonores, des flashes de lumière, des foules hurlantes, et qui m'a peut être inspiré ma violence de ce soir là, l'a attirée a lui, l'a nourrie, l'a frappée à son image, et la libèrera peut être, le temps venu, lorsqu'il verra de nouveau une pauvre fille se comporter comme une moins que rien.
    Il faut aller de l'avant, il faut cultiver mon talent.

  • Before I took conscience of the hypocrisy

    22/03/08 -19.30
    Parce qu’aujourd’hui je me suis rendu compte que je serai toujours seule dans tout ce que je fais, je me suis dit que je pourrais peut être ne plus consacrer ma vie qu’à l’écriture, à l’art, à la production, ou à la mort.
    Je ne supporte plus de ne plus avoir l’envie de rendre les choses physiques, palpable, de les incarner et de les sortir hors de moi pour que chacun puisse les voir.
    Je n’ai besoin du regard de personne, je n’ai besoin que de la face de mes oeuvres qui me regarde, sans cesse.
    Mais parfois, quand la tête est lourde et l’esprit lent,
    Quand les chaînes se serrent,
    Quand les nuages pèsent,
    Quand je ne suis plus qu’un grain sans poids, quand je pense et je tourne et retourne des images dans ma caboche, qu’elles se mêlent, tournent et retournent, font vibrer leurs couleurs et entremêlent leur sens,
    Quand tout est pierre et n’est plus statue,
    Quand mon existence prise au piège est une douce mort, une douceâtre impression de changement constant mais qui ne me mène nulle part,
    Quand je regarde en face ce que je suis, quand je ne prends aucune précaution pour protéger ma continuation, quand je ne trouve plus la position de renaissance,
    Quand le temps lui-même se referme, se retourne, se replie, fait fondre ses filaments, et disparaît sur lui-même,
    Quand ma chair n’est plus sans rien, sans os, sans douceur, sans souffrance, quand je suis souple et dure sous le vent constant des lieux sur lesquels mes yeux se posent, quand je ne serai plus qu’une entité cristalisée, dure et douce sous la lumière bleue tournante, ou rouge sous la dague,
    À ce moment là, je sais que mon art ne vaut rien, et que nulle transcendance n’émane de ces petits bouts de papier que je recouvre d’encre, de cette toile que je bats de mon pinceau, de cette suite de voyelles et de consonnes que je fait sortir de ma bouche, vibrer de toute leur force pour leur insuffler un sens qu’ils n’ont pas.

    11.25
    Peut être qu’il y a autre chose à faire de ma vie que de rester immobile à ne laisser que les choses passer et danser tout autour de moi sans tenter de les saisir, de les accrocher, de les devenir.
    Aujourd’hui, j’ai ressenti très fortement l’impression d’être enfin arrivée à la maison, de marcher sur un territoire qui m’est plus cher que mon propre coeur.

  • Mayhem

    Jeudi 28 février 2008 - 1h30am
    Je me demande pourquoi j’écris … et je me demande pourquoi je n’écris pas.
    J’ai l’impression d’être dans une bulle de création, ces derniers temps, et que la poursuite, libre dans le temps, de mes activités artistiques ne dépend à présent que de moi.
    En ce moment, j’ai des images plein la tête. Je veux retrouver le ciel bleu et les montagnes, juste assez longtemps pour commencer à m’en lasser et revenir vers la vie. J’ai envie de retrouver l’admiration devant la beauté de la langue de mon enfance, quand je faisais des collections de mots que je faisais couler lentement entre mes lèvres, ou que je prononçais le plus vite possible, en faisant claquer les consonnes.
    Rhododendron, chrysanthème, engloutir, iconoclaste, mélasse.
    Je n’ai pas beaucoup pensé à Douce et à Juste, ces derniers mois, mais plutot à ma propre vie. Oh, ce n’est pas par volonté de m’ancrer dans le réel, mais parce qu’on ne peut pas vivre et écrire sans argent, et donc sans carrière. Très “chambre à soi” - très réaliste.
    Je pense aussi qu’en tentant de vivre une vie à peu pres normale malgré mes nombreux problèmes, je maintiens une distance correcte entre la vie de tous les jours et mon écriture. Je peux entièrement la consacrer à mes visions, à l’expression de ma mythologie personnelle, et je ne l’alourdis pas d’opinions politiques, de critique sociale, ou du reflet du contemporain. Chaque chose à sa place, et veaux, vaches et cochons seront bien gardés.
    Pour finir sur une note légère, mon incapacité à comprendre le mensonge m’a joué un bien plaisant tour dimanche soir. Attila est apparu sur scene vêtu d’un costume d’extra-terrestre et ainsi, jusqu’à ce qu’il enlève son masque pour révéler sa vraie nature (ce qui m’a perturbée - odium generis humani), j’ai cru que Mayhem était représenté par un monstre vert venu de l’espace. Cela ne m’a pas choquée, et je l’ai accepté comme étant différent, mais tout aussi digne d’attention que les autres humains jouant dans le groupe.
    Je n’aime pas le mélange des cultures - il ne sera jamais l’un des notres - que suis-je, de toute facon? Merci à Attila de m’avoir aidée à préciser mes sensations à ce sujet.

  • My birthday / Mon anniversaire

    Voyons voir ce que j’ai écrit l’an dernier…okay…

    Eh bien, me revoilà:

    Maintenant que j’ai 26 ans et que la journée d’aujourd’hui a été un clou de plus dans le cercueil, il est temps d’écrire quelques lignes de conduite pour l’année prochaine. Mais d’abord, voyons quelles bonnes résolutions j’ai tenu:

    -J’ai terminé ma reconstruction dentaire.

    -Oui, je m’épile les jambes plus souvent (adieu, yéti paresseux et poilu), et je fais même l’effort de me coiffer (fers à friser et à lisser, bonnet de douche).

    -Si je n’ai pas produit beaucoup de fiction, j’ai beaucoup produit d’écrits académiques et j’ai même réalisé un assez bon premier tableau.

    -Cette année je m’entends bien avec mes collègues et mes élèves et j’ai hâte de poursuivre ma carrière.

    -Je suis ce cours de traduction/interprétariat.

    D’autres choses me sont arrivées:

    -J’ai exploré l’Ecosse un petit peu plus.

    -J’ai réservé un voyage en Norvège.

    -J’ai amelioré mon espagnol.

    -Je me suis fait de nouveaux amis et j’ai conservé les anciens.

    -J’ai une image claire de ce que je veux atteindre artistiquement, académiquement et professionnellement et de comment le faire.

    -J’ai découvert beaucoup artistiquement, dans le domaine cinématographique et musical. Pas autant que j’aurais voulu, mais bon…

    Certaines tâches ne semblent toujours pas vouloir partir:

    -Je suis toujours très anorexique et mon poids a chuté dernièrement. Je me suis mise à boire quelque chose comme cinq cafés par jour et je fais souvent des journées de 48 heures.

    -Je ne me plais pas ou je suis et cela me rend malade de frustration + Je commence à m’angoisser à propos de l’incertitude sur mon avenir/pays/salaire, ou ma langue.

    -Je ne serai pas heureuse tant que je n’aurais pas réalisé ce que je veux réaliser et en recevoir clairement le mérite (chose qui ne me plaira pas, bien sûr, mais je me sentirai mieux).

    Mes règles pour cette année:

    -Essayer de faire avec le sentiment de frustration en créant, sans m’affamer, bien que cela semble impossible sans une influence extérieure.

    -Continuer à apprendre et à produire, cela ne peut que m’ouvrir des portes.

    -Garder le contact avec des gens que j’apprécie ET qui me font du bien.

    -Essayer de profiter de la vie sans penser que je suis née pour faire une certaine chose en Norvège, ou rencontrer une certaine personne, parce le fait que cela n’arrive pas me frustre (et pourtant, le pressentiment est fort).

    On va voir comment ça se passe et j’espère être là l’année prochaine.

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    Let’s see what I wrote last year…ok…

    Well, here it comes again:

    Now that I am 26 and that today was just another nail in the coffin, let’s write out a few guidelines for the coming year. But first, let’s us see what good resolutions I kept:

    -I completed my dental reconstruction.

    -Yes, I do shave my legs more often (no more lazy hairy yeti), and I even take care of my hair (straighteners, curlers, shower cap).

    -I’ve not produced a lot of fiction, but a good deal of academic writing, as well as a good first-try painting.

    -I do get along with my colleagues and pupils this year and am looking forward to pursue my career.

    -I am doing that translation/interpreting course.

    Other things that happened to me:

    -I’ve explored Scotland a little bit more.

    -I’ve booked a trip to Norway.

    -I’ve improved my Spanish.

    -I’ve made new friends and kept old ones.

    -I’ve got a clear picture of what I want to achieve artistically, academically and professionally and how to reach it.

    -I’ve discovered a lot artistically, in the realm of cinema and music. Not as much as I wanted, but, the hell with it…

    The black stains that cannot be washed off:

    -I’m still very much anorexic and my weight has plummeted lately. I’ve taken to something like five coffees a day and often do 48 -hours days.

    -I’m not happy where I am and it makes me mad with frustration + I’m fretting out about the incertainty of my future job/country/salary/language.

    -I will not be happy until I achieve what I want to achieve and get proper recognition for it (which I will resent, of course, but I’ll still be better).

    My guidelines for next year:
    -Try to cope with the frustration by creating, without starving myself, though it seems impossible to do that alone.

    -Go on learning and producing, it can only better my prospects for the future.

    -Keep in touch with people I like AND who are good to me.

    -Try to enjoy life without thinking I was born to do a special thing in Norway, or meet a special person, because it’s not coming and my not knowing what it is just make me feel frustrated (yet, the feeling is there).

    Let’s see how it goes and hope I’ll be there next year.

  • Killing Time

    In my mind there's a lighthouse
    That shall forever turn a blind eye
    On the uncertain waters of my life to be

    In my mind, an overgrown path
    Hides away its quiet undergrowth
    For fear of being trodden in errance

    In my mind, a freezing/piercing breeze
    Immobilising in its ice-coldness
    Will no longer whisper the secrets of the words

    One day in confident sunshine
    Death came reaping
    Moving forward the cycle of souls
    Ripping apart my sense of purpose
    Freeing me from my chains, for
    Death came reaping
    What gave me life - I thought

    And I shall never look up to anyone again

    Dedicated to my literature professor, Andre Viola, who died a year ago

  • Le reflet dans la vitre

    Je suis en train de boire un thé, assise sur le rebord intérieur de la fenêtre de ma nouvelle chambre chez Thomas.

    Il y a une fenêtre normale, et un deuxième panneau qui pivote, sur lequel il m’a cloué un tissu noir en guise de rideau. Je ne vois que ce qui se passe deux étages plus bas, le panneau en face de moi, et le poster de Gaahl reflété dans la vitre.

    De là où j’habite, on peut voir une usine, une portion de route, quelques tenements avec de grands immeubles dans le lointain et la station de train de Duke Street.

    Tout est orange et gris à cette heure-ci et je vois passer des voitures, un autobus, un train de banlieue. J’aime le bruit étouffé des moteurs; j’aime les lumières de la nuit; les rares mouvements ne sont que mécaniques. Cela me rappelle les nuits à l’hôtel dans différentes villes, les premières nuits dans tous les endroits où j’ai vécu - les dernières nuits aussi, quand les murs sont blancs et les cartons pleins. Le grand vide avant le départ du lendemain matin.

    C’est cette sensation qui m’a poussée à écrire ce soir; à m’asseoir sur le bord de la fenêtre, et à ressentir de nouveau cette sensation de mouvement permanent, si infime soit-il, ce transport qui ne s’arrête jamais.

    Vincent est venu me rendre visite.

    Nous avons exploré l’Ecosse, passé de longues heures dans le train, le ferry, l’autobus. Cela m’a rappelé qu’il faut cultiver les amitiés, aussi lointaines soit-elles, car je sais que je continuerai à avancer dans la vie. Un autre soir dans quelques années, je serai assise à la fenêtre d’une autre chambre à regarder une autre ville, et ce moment qui compose mon présent ne sera qu’un souvenir parmi tant d’autres, l’archétype qui me pousse à avancer, à répéter le meme cycle dans des endroits différents, et à courir (pendant combien de temps encore?) après l’harmonie (ou la sécurité, l’assurance).

    Bientôt septembre, l’année recommence, et avec elle des projets à mettre en oeuvre, des peurs anciennes à surmonter, des buts à atteindre; jusqu’à l’été prochain, ou tout retombera de nouveau, se figera, ISA I.

    Je vais écrire à Coralie.

    Sébastien m’a bien écrit, hier, après trois ans…

  • Images

    Je n’ai rien écrit depuis deux mois.

    Deux mois passés à oublier ma langue maternelle, à céder à la facilité des adjectifs composés, à la multi-expression qu’ils permettent; en formuler quelques uns, se dire qu’il faut les traduire en français, reculer devant la tâche, par paresse ou par lachêté .

    J’ai eu un tableau dans la tête, ces derniers temps; je sais que je n’arriverai à m’en débarrasser qu’en le peignant. Cela donnera sûrement lieu à une déception, je ne pense pas posséder la technique suffisante (ni, la patience, pour être honnête).

    J’ai eu beaucoup d’images dans la tête ces derniers temps, et les pieds qui me démangent et me poussent à repartir. Je résiste, je résiste. C’est plus facile que les années précédentes parce que je sais que je peux le faire et survivre. Il y a eu aussi des émotions contradictoires, des besoins, des buts, aussitôt effacés, barrés, jugés impropres…mais qui sont revenus, puis repartis.

    Il faut que je prenne conscience que la vie que je veux vivre, je dois la fabriquer; elle doit venir de l’intérieur. Je ne dois pas compter sur le monde extérieur; les choses ne doivent pas m’arriver. Je ne ferais que prendre des rides en attendant.

  • A little piece of humankind

    Il m’est venu mercredi dernier pendant le concert d’Einsturzende Neubauten une idée qui m’est nouvelle sur les enfants, la maternité que je connaîtrai peut être, ou jamais.

    Je me suis dit que j’aimerais avoir, non pas un bébé, mais une personne toute faite, déjà formée, déjà marquée de pas mal d’expé ience, et que la relation se formerait sur ce terreau que d’aucuns qualifieraient de peu friable, mais qui me conviendrait parfaitement.

    À quoi bon alors mettre au monde quelque chose, si je ne prête une importance qu’à ce qui a vécu avant moi, loin de moi, sans me connaître, loin de mon influence?

    Je suis ainsi et je ne changerai pas. Je possède l’opinion très peu occidentale que seuls comptent les adultes, les personnes déjà formées, et pas le vulgus pecus, no, monsieur; la crème, seulement.

    Pourquoi ces idées me sont-elles venues durant le concert, je n’en ai aucune idée.

    Ce fut un grand moment de représentation, de spectateurs regardant des artistes en train de représenter, et acceptant parfaitement leur rôle.

    Qu’est la capacité de communication de paroles écrites en plusieurs langues et entrecoupées de cris? Quelle est la différence entre la musique et le bruit? Peut être un petit bout d’humain, et c’est ce qui a pu me faire penser à la création d’un petit bout d’humain qui n’attend que ma patte pour se développer à son plein potentiel…

    Bien entendu, vous avez perçu le mensonge, l’ironie. À défaut d’avoir déjà eu l’occasion d’influencer quelqu’un, je ne crois pas que je sois en mesure de créer un être entièrement malléable. Je pense que chacun vient au monde avec des dispositions particulières qu’il est quasiment impossible de corriger sous peine de mal être, de contenir sous peine de suicide.

    Je ne pense pas avoir l’envergure suffisante pour prendre la responsabilité de créer quelqu’un tellement différent de moi que je ne pourrais l’aimer, ou de tellement identique qu’il ne pourra pas avancer.

    En fait, ce qui me passionne, c’est la notion que quelqu’un ait pu vivre tant d’années sans me connaître et que je fasse maintenant partie de leur décor comme ils font partie du mien est absolument renversant. Cela me fait penser au destin, à ce qui m’amène petit à petit vers quelque chose que j’appelle “chez moi”.

    Et puis je meurs.

    J’y ai pensé hier après-midi, les yeux fixés sur les pavés de Gordon Street, et une migraine dans la tête que même le verre de Kro n’avait pas réussi à faire passer.

    Je pensais à mes dépressions, aux mouvements de la vie, tantôt positifs, tantôt né gatifs, et à toutes les fois où j’ai cru dire: “C’est bon, je m’arrête ici; c’est la dernière fois que cette personnalité ouvre les yeux”. Et j’ai continué à survivre, bien sûr, et j’ai gardé les yeux ouverts sur plein de belles choses.

    Je pensais hier au moment de ma mort, que je le verrai arriver, en fin de compte, que je serai bien vieille à la chandelle, et que je saurai que ce moment sera le dernier, que la fin est imminente.

    Est-ce qu’à ce moment-là je me souviendrai de tout ce qui a pu m’arriver? Est-ce que je porterai le poids de ma vie après moi? La vie est longue (comparativement). Même si une fois les obstacles surmontés et les difficultés passées, chaque petit souvenir a une importance, a été un moment de vie, de mouvement vers la fin.

    En réalité , il ne faut plus que je me mente. J’aspire à la tranquillité . Mais une fois la stabilité atteinte, je sais bien que je ne saurai pas la reconnaître comme le but ultime, bon pour moi même s’il n’est pas le plus haut, et je voudrai la variété , tout et son contraire, encore une fois.

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    Last Wednesday, during the Einsturzende Neubauten concert, came to me a revelation about children and the motherhood which I may, or may not, experience.
    I realised I was yearning to have, not a baby, but someone already formed, already experienced-marked, and our relationship would grow on that - maybe - crumbly ground, but which would suit me perfectly.
    Why then bring something to the world, if I only place importance in what has been before me, away from me without knowing me, away from my influence?
    So I am and so I shall remain. I own the so un-western opinion that only adults count, those who are already formed, and not of the vulgus pecus, no, sir; la crème, only.
    Why did these ideas come during the concert, I have no idea.
    It was a great moment of representation, spectators watching artists representing, and accepting their roles perfectly.
    Where does the ability lie to communicate words written in several languages and interspersed with screams? What is the difference between music and noise? Maybe a little bit of humanity, and that is what made me think about the creation of a small piece of humankind that awaits the moulding of my hands to grow to its full potential…
    Of course, you have seen the lie, the irony. I have still not had the opportunity to influence someone, and I do not believe that I am able to create something fully malleable. I believe that everyone is born with a very special sense of individuality that is almost to amend for fear of uneasiness, to restrain for fear of suicide.
    I do not think I’m powerful enough to take on the responsibility for creating someone so different from me that I could love them, or so identical that it could not move forward.
    In fact, my interest lies the notion that someone has been able to live so many years without knowing me and the fact that I would become part of their psyche as much as they are part of mine is simply stunning. This makes me think of fate, bringing me slowly towards something which I call “home”.
    And then I die.
    I was toying with that thought yesterday afternoon, my eyes fixed on the cobblestones of Gordon Street, my head pounding with a migraine so strong even a glass of Kro couldn’t beat it.

    I thought about my depressions, the movements of life, sometimes positive, sometimes negative, and every time I thought I could say, "Okay, I will stop here, this is the last time that personality opens its eyes. " And I continued to survive, of course, and I have opened my eyes on a lot of beautiful things.
    Yesterday I thought about the moment of my death, and that I will see it come, in the end, that I will be “bien vieille à la chandelle“, and that I will recognise this moment as the last one and that the end is imminent.
    On that particular moment, will I remember everything that has happened to me? Will I carry the weight of my life after me? Life is long (relatively). Even if once the obstacles are overcome and the difficulties long gone by, every little memory counts, for it has been a moment of life, a movement towards the end.
    The truth is that I should stop lying. I year for peace. But that stability once achieved, I know that I will not recognise it as the ultimate goal, as my own good even if not the highest I can reach, and I will want variety, everything and its opposite, once more.

  • Across the Looking-glass / De l'autre cote du miroir

    Je viens de prendre conscience ce soir de l’ampleur de ma personnalité narcissique.

    Pourquoi ai-je tant besoin d’aimer et que l’on m’aime ?

    Pourquoi est-ce que je n’arrive pas vraiment à trouver une validation si je n’ai pas à un moment donné le regard d’un autre ?

    Je travaille là –dessus dans La Tombe, et j’essaye d’en faire sortir Douce-Amère. Jeux de regards – re-écriture de fantasmes qui prennent le pas sur la réalité.

    Il faut que je parvienne à traverser le miroir.

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    This evening, I have taken in the full berth of my narcissistic personality.

    Why do I feel such a strong need to love and be loved?

    Why can’t I find my acts validated if I don’t come across, at one point, the glance of another being?

    This is one of my themes in La Tombe; I’m trying to make Douce-Amère escape from this attitude. Glances and stares – re-writing of fantasies that come to overlap reality.

    I shall manage to cross the looking-class.

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